lundi 2 septembre 2013

Foch, fils adoptif de Saint-Brieuc

On aime rappeler à Saint-Brieuc que le capitaine Ferdinand Foch avait épousé en cette ville, le 05 novembre 1883, Julie Bienvenue, dont la famille avait ses racines ici. Le maréchal et son épouse aimaient par la suite s'arrêter à Saint-Brieuc lorsqu'ils se rendaient dans leur propriété de Trefenteniou, près de Morlaix. Une plaque de marbre a été fixée en 1931 sur la maison située au n°43 de la rue Maréchal Foch, dans laquelle la famille vécut. 

C'est le 02 octobre 1851 dans le chef-lieu des Hautes-Pyrénées, à Tarbes, que voit le jour, Ferdinand Foch. Son père Bertrand Napoléon Foch est secrétaire général de la préfecture de cette ville, il accédera plus tard aux fonctions de payeur général. Sa mère est issue d'une famille de militaires, le grand-père maternel avait combattu sous le Premier Empire. Ce dernier était bien loin d'imaginer qu'un de ses petits-fils deviendrait un émule de l'Empereur et serait honoré d'une sépulture tout à côté de lui aux Invalides. En 1861, le jeune enfant entre au collège de Tarbes ou il se fait remarquer comme un élève appliqué et studieux. Son professeur de mathématiques de quatrième s'exprimait ainsi à la fin d'un trimestre "Esprit géométrique et à l'étoffe d'un polytechnicien".

Après un bref passage au lycée de Rodez, il intègre le petit séminaire de Polignon en Haute-Garonne afin d'effectuer sa seconde et sa rhétorique. En 1870, il est élève-officier à Polytechnique, il rencontre un certain Fulgence Bienvenue, le futur père du métropolitain à Paris et un proche parent de sa future épouse. En juillet 1870, au moment de la déclaration de la guerre franco-prussienne, le jeune Foch s'engage et rejoint le 4e Régiment d'Infanterie. Mais, le jeune Foch n'a même pas le temps de combattre que l'armistice de janvier 1871 est signé et marque la défaite de la France et la perte de l'Alsace-Lorraine. Le 10 février 1873, Ferdinand Foch entre à l'école d'application de l'artillerie et du génie. Après Tarbes, ou il fut lieutenant au 4e d'artillerie, il va à Rennes ou il est capitaine au 10 e Régiment d'Artillerie. 

Il découvre la Bretagne dont il tombe sous le charme et celui de Julie Bienvenue, orpheline et élevée par son grand-père maternel, avocat à Saint-Brieuc. Le 05 novembre 1883 à l'hôtel de ville puis à l'église Saint-Michel, le jeune capitaine d'artillerie épouse la jeune briochine. De cette union naissent un fils Germain et deux filles Marie et Anne. En 1885, c'est l'école de Guerre, dont il sort naturellement l'un des premiers. Dix ans plus tard, il devient professeur dans cette école  et durant six années, il enseigne à l'élite des officiers d'état-major. En 1907, il est promu général et la même année est nommé directeur de l'école de Guerre. Le 26 juillet 1914, à la nouvelle de la remise de l'ultimatum autrichien à la Serbie, le général Foch alors en vacances dans sa propriété de Trefenteniou est rappelé d'urgence à Nancy.

 Il assure la couverture du Nord-Ouest de  Nancy puis participe à la bataille de Morhange du 20 au 29 août 1914. Ce même jour, il est placé au sud des Ardennes à la tête d'un nouveau détachement de l'armée qui devient le 05 septembre la 10e armée. Après une série de replis successifs, il participe avec la 10e armée à la bataille de la Marne, ou il enfonce le centre de l'ennemi  aux marais de Saint-Gond. Le 07 octobre, il prend les fonctions d'adjoint au général Joffre, commandant en chef, pour coordonner les efforts des troupes britanniques, belges et françaises. Il est commandant du groupe des armées du Nord à partir du 06 janvier 1915. De juillet à décembre 1916, il conduit la bataille de la Somme en liaison avec les Britanniques mais n'obtient pas de résultat décisif. En 1917, il est chargé d'étudier les possibilités d'une irruption allemande par la Suisse. Le 15 mai de cette même année, il accède aux fonctions de chef d'état-major général de l'armée. 

1918 année décisive, il est nommé le 14 avril commandant en chef des armées alliées en France. Assurant ainsi la direction stratégique des opérations militaires, il coordonne et oriente les efforts de l'Entente. Il parvient dans les mois suivants à stopper les allemands marchant sur Compiègne. Il met en application son système de guerre élaboré durant les trois années de conflit : commandement personnel, constitution de réserves stratégiques, offensive générale par ondes successives de manière interrompue. C'est ainsi que, du 18 juillet au 15 septembre, les poches allemandes de Tardenois, de Montdidier et de Saint-Mihiel sont réduites. Le 06 août, il est élevé à la dignité de Maréchal de France. Puis, il déclenche l'offensive générale organisée en trois actions lancées à une journée d'intervalle : de Verdun à Reims du 26 septembre au 13 octobre, de Reims à Cambrai du 27 septembre au 13 octobre et d'Armentières à la mer du 28 septembre au 10 octobre. Les allemands entament alors une retraite générale et, pour éviter un désastre, se résignent à l'armistice que Foch signe le 11 novembre à Rethondes au nom des alliées. 

Le 06 août 1922, il est appelé à présider un congrès de gymnastique à Saint-Brieuc. Il est accueilli comme un véritable héros. "Des arcs de triomphe avaient été élevés dans les rues de la cité briochine" rappelle un journaliste de la Croix des Côtes-du-Nord dans son édition du 08 août 1922. 

Kevin Magi

Le Maréchal Foch avec son cousin par alliance Edouard Bienvenue près de l'église Saint-Guillaume en 1927 (Collection famille Bienvenue).
Sources:
 Gaujac, Paul, Les généraux de la Victoire, Ed. Histoire et Collections. 
Huet, Jean-Paul, Ferdinand Foch (1851-1929) se souvenir et espérer, Collection Vitae. 

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